Famagouste

Au jardin d’Eden

Jean de Marignolli

  • Paru en mars 2009
  • 96 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777537
  • Prix : 15 €

Traduit du latin et présenté par Christine Gadrat

De retour d’une ambassade en Chine au milieu du XIVe siècle, le franciscain Jean de Marignolli s’arrête à Ceylan. Il découvre là le paradis terrestre. Bible en main, tel un entomologiste, il observe la faune, la flore et l’humanité de ce monde des origines.

Jean de Marignolli, frère franciscain méconnu d’un couvent de Florence, est envoyé en 1438 en ambassade par le pape d’Avignon auprès du Grand khan, l’empereur de Chine. C’est en 1432 qu’il parvient à sa cour, puis il reprend la route quatre ans plus tard, passant par l’Inde puis la Terre sainte, pour faire retour en Avignon en 1453.

De ce long voyage en Orient lointain, on saura au fond peu de choses, car Marignolli n’a voulu en rapporter que l’essentiel, ce qui à ses yeux demeure une expérience à nulle autre pareille : son passage, à Ceylan, dans le voisinage immédiat du Paradis terrestre.

Homme de caractère, possédé sans aucun doute de quelque ambition, Marignolli rappelle à toutes fins utiles qu’il se rendit plus loin encore qu’Alexandre le Grand, qu’il chevaucha des éléphants et que sa qualité ne mérita jamais moins que d’être transporté en litière tel un monarque, se livre à une véritable ethnographie du jardin d’Eden. Il y observe les hommes, la faune et la flore, la Bible en main, comparant tel un entomologiste ce que le livre donne comme indice et ce que la réalité lui jette sous les yeux. Fleurs extraordinaires, ou mœurs des descendants directs d’Adam épargnés par le déluge, arbres bibliques assimilés au cocotier ou au bananier, les découvertes de Marignolli brossent le tableau, appelé à une postérité sans égal jusque dans nos dépliants touristiques, des îles du Paradis.

Si, jusqu’à cette relation de voyage, les auteurs occidentaux furent nombreux à parler du Paradis terrestre, aucun, sinon par parabole ou artifice littéraire, ne prétendit s’être rendu en personne en ces lieux merveilleux.

C’est une entreprise inverse qu’entreprend notre franciscain hâbleur en ces pages, introduisant du réel dans le merveilleux comme pour en faire saillir encore davantage la dimension extraordinaire. De fait, s’il ne cache pas que c’est retenu par la force par une reine indigène qu’il séjourna à Ceylan, celle-ci est tout bonnement mentionnée d’après le nom biblique de « Reine de Saba »…

Le voyage de Marignolli au jardin d’Eden ne connut cependant pas un grand écho en Occident : Marignolli introduisit sa relation dans une très volumineuse Chronique du royaume de Bohême que lui avait commandé le souverain à la fin de sa vie. C’est extrait de ce volume que nous donnons à découvrir, comme un reportage sensationnel, le récit des premiers pas de l’homme au Paradis.

Anacharsis