Famagouste

Les Derniers Conquistadores

La Non-conquête du Cambodge

Gabriel Quiroga de San Antonio

  • Paru en septembre 2009
  • 160 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777544
  • Prix : 17 €

Traduit de l’espagnol par Antoine Cabaton

Le récit d’un fiasco, d’une énorme déroute tellement grotesque qu’elle prête à rire – encore que telle n’était guère l’intention des fiers Hidalgos qui se lancèrent, depuis les Philippines, dans l’aventure de la conquête du Cambodge dans les dernières années du XVIe siècle.

Au bout du bout du monde, à la toute dernière extrémité de l’Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, se trouvent les Philippines espagnoles. Les Espagnols les tiennent depuis deux ou trois générations, qui ont suffi pour que se regroupent ici, selon les mots des contemporains, « la lie des colonies de la Nouvelle-Espagne », briscards en quête d’emploi, administrateurs véreux, commerçants interlopes ou religieux de peu de vertu.

Menées par une poignée d’aventuriers dans le rôle des « derniers conquistadores », les deux expéditions de la conquête du Cambodge seront massacrées, détournées par les tempêtes ou empêchées par des mutineries. Il ne restera plus comme souvenir cuisant de ces « événements du Cambodge » que la relation ici présentée du moine dominicain Gabriel Quiroga. Ce mémoire, écrit à l’intention du roi d’Espagne et militant pour une nouvelle tentative, en élevant des catastrophes successives au firmament des exploits glorieux, constitue une remarquable mystification. Il peut aussi se lire comme un roman d’aventures picaresques en pays lointains. Où Quiroga parvient à un tour de force : il mêle en virtuose la description des mondes étranges de la mer de Chine peuplés de Malais, Chinois, Japonais, Hollandais, Portugais, tous plus ou moins pirates et commerçants, avec la relation de sa propre trajectoire d’Espagne vers l’Orient et son retour ; en réalité tout simplement un tour du monde…

Publié une première fois en 1914, le texte ici donné reprend la traduction d’Antoine Cabaton, l’une des figures fondatrices de l’École française d’Extrême-Orient. Les notes et la présentation sont entièrement revues voire amendées.

Anacharsis