Famagouste

Captif des Tatars

Johannes Schiltberger

  • Paru en janvier 2008
  • 208 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777292
  • Prix : 16 €

Traduit de l’allemand par Jacques Rollet.
Préface de Michel Balivet.

Johannes Schiltberger - jeune homme d’arme bavarois capturé lors de la terrible bataille de Nicopolis en 1394 contre les Turcs - découvre les plaines d’Asie centrales en pleins chaos, où plane l’ombre terrifiante du conquérant Tamerlan.

Aventures en Asie centrale

Parce qu’il a été capturé lors de la terrible bataille de Nicopolis en 1394, qui vit la fine fleur de la chevalerie occidentale – de Bourgogne et de Hongrie – anéantie par les armées du sultan ottoman Bayezit “ La Foudre ”, Johannes Schiltberger, jeune homme d’arme bavarois, s’est retrouvé propulsé dans les plaines d’Asie centrale en plein chaos. Enrôlé de force dans l’armée de Bayezit, il participe quelques années plus tard, en 1402, à la bataille d’Ankara, qui voit déferler les hordes du fameux Tamerlan sur la Perse et ébranler l’Empire ottoman naissant. Schiltberger, encore une fois fait prisonnier, est à nouveau astreint à servir comme soldat, et rejoint l’armée de Tamerlan… Ce n’est qu’en 1427 qu’il retournera en terre chrétienne, après avoir été balloté d’une troupe à l’autre au gré des guerres interminables que se livrent les princes turcs et mongols sur les lambeaux d’immenses empires, naissants ou périssants entre l’Égée et l’Indus, au long de la Route de la Soie.

Les souvenirs d’un homme simple

Si le Livre des Merveilles de Marco Polo – à qui Schiltberger a quelques fois été comparé – nous donne à lire un récit d’une élégante facture littéraire, Schiltberger, lui, rapporte au plus prêt ce qu’il a vu et glané auprès de ceux qu’il côtoyait : soldats et gens du peuple. C’est donc d’un style direct et tout de sobriété qu’il rapporte les événements auxquels il a pris part. Pas de vision en surplomb chez lui, mais en revanche le propos d’un homme simple, attentif à livrer une expérience propre, un témoignage personnel sur les batailles traversées, ou les merveilles qu’on lui a rapportées – les combats de serpents en Colchide, ou la lutte à mort entre un dragon et une licorne – et, bien entendu, les mœurs et coutumes religieuses des peuples rencontrés.

Un récit fondateur sur la fantasmagorie des peuples de steppes

Captif des Tatars n’est pas seulement un récit de voyage, ni un récit de captivité, non plus qu’une chronique ou un rapport ethnographique : c’est le compte-rendu sobre et en quelque sorte stupéfait d’un homme qui a vécu “ d’en bas ” les grands bouleversements qui ébranlaient l’Asie à cette époque. De retour dans sa Bavière natale, il publie son livre, qui connaît un rapide succès : c’est qu’ici, dans les paroles pourtant toutes droites de Schiltberger, éclot la terrible vision de l’immense Asie, peuplée de foules éclectiques et belliqueuses, où des princes sanguinaires exterminent leurs fratries, enterrent vivantes des populations entières et sèment sur leur passage des pyramides de crânes humains. Le fantasme horrifique d’un monde d’une violence inouïe, qui fera long feu, trouve ici l’une de ses premières expressions.

Captif des Tatars n’avait jamais été traduit en français.

Le Traducteur et le Préfacier

Jacques Rollet, né en 1926, germaniste, a enseigné le Français et les langues étrangères tout autour de la Méditerranée. Il a publié aux éditions Isis (Istanbul), les Histoires orientales de Guillaume Postel.

Michel Balivet est historien, il a collaboré avec les éditions Anacharsis dans une postface à Des turcs, Traités sur les mœurs, les coutumes et la perfidie des Turcs de Georges de Hongrie (2003), ainsi que dans une postface à Jacob Shalabin (2006).

Anacharsis