14 mai 2026 | Actualités

L’histoire à venir

Du 14 au 17 mai 2026 à Toulouse et au-delà, L’histoire à venir poursuivra ses réflexions entre histoire, sciences, littérature et théâtre en suivant les traces laissées par le feu, dans les grottes préhistoriques ornées de dessins au charbon, dans les villes qui ont su renaître de leurs cendres, sur les pans des volcans pétris par les laves. Autant d’environnements façonnés par les rapports complexes que l’humanité entretient avec le feu, lesquels contribuent aujourd’hui encore à la définir.

« Avoir le feu sacré », « faire feu de tout bois », « mettre sa main au feu », « jouer avec le feu »... Le feu imprègne notre langage car il est une force centrale des sociétés humaines, élément de combustion sous toutes ses formes, réelles et symboliques, véritable moteur de l’Évolution et de l’histoire de l’humanité : se chauffer, cuire sa nourriture, s’éclairer, produire de l’énergie, fabriquer des outils.
Le feu est une force de destruction autant que de renouveau, et les humains le craignent autant qu’ils le désirent. Les incendies dévastent les forêts, et « on va au feu » comme on part à la guerre. Pourtant, si l’Anthropocène fait revenir de manière violente le feu dans nos vies, la nature comme les humains ont sans cesse et partout cherché à s’en accommoder et à le domestiquer. C’est en brûlant que la végétation se régénère, c’est au coin du feu que les membres de la maisonnée se réunissent, autour des feux de joie et sous les feux d’artifice que les communautés célèbrent ce qui les rassemble, en suivant les phares que les marins évitent de chavirer en mer.
À l’instar de Prométhée qui a dérobé le feu sacré de Zeus pour en faire don à l’humanité, les histoires racontées par les sociétés du passé révèlent la place centrale de cet élément dans les modes de vie et rituels. Nombre de religions ont célébré la dimension sacrée des flammes : de Râ le dieu Soleil égyptien à Xiuhtecuhtli, le dieu du feu et du temps de la mythologie aztèque, en passant par Kagutsuchi dans le shintoïsme japonais.

Site de L’histoire à venir

Avec notamment :

Le plus loin du monde. La conquête des Philippines par les hispaniques (XVIe-XVIIe siècles)
Le vendredi 15 mai à 14h30 | Librairie Floury
Rencontre avec Chloé Pathé, Guillaume Gaudin
Les Philippines gisent aux antipodes de la Péninsule ibérique. Avec la conquête de l’archipel à la fin du XVIe siècle, l’Empire hispanique atteignait, par-delà le Pacifique et un demi-globe terrestre, au plus loin du monde. En s’intéressant à la fois à la rencontre entre Hispaniques et autochtones, au territoire confus de la conquête et aux aléas politiques au Mexique et en Espagne, mais aussi aux savoirs de terrains des aventuriers arpentant l’archipel, le livre donne à observer une « conquête » en demi-teinte et inaboutie, et propose en définitive une contre-histoire des « Grandes découvertes ».

Quand l’Angleterre parlait français (XIe–XVe siècles). Comment l’histoire résout une énigme linguistique
Le vendredi 15 mai à 11h30 | Librairie Floury
Conférence avec Bernard Cerquiglini
L’influence du français sur la langue anglaise a été massive. Les linguistes ont expliqué cette emprise par la colonisation normande que la Grande-Bretagne a subie pendant plusieurs siècles. Mais cela n’éclaire pas ce phénomène majeur, passé inaperçu : c’est tardivement, au XIVe siècle, quand le français n’est plus langue vivante dans l’île, que son effet est le plus fort et profond. Nous reviendrons sur l’ascendant européen du français au Moyen-Âge, pour tenter de comprendre comment une véritable francophonie britannique a pu se développer activement et porter de beaux fruits.

OuLangPo. Jouer avec l’Ouvroir de langue potentielle
Le samedi 16 mai à 10h30 | Le Vent des Signes
Atelier avec Bernard Cerquiglini
Inspiré par OuLiPo, fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais, le nouvel Ouvroir de langue potentielle hérite de son état d’esprit et assume une semblable mission : il offre à qui entend s’exprimer les moyens d’enrichir l’idiome ou les idiomes dont il se sert, d’en simplifier la graphie, d’y inscrire la cohérence ou le désordre propres à la création, à la communication, ou au fécond malentendu. Les participant·es seront invité.es à s’en saisir, à en jouer et à mobiliser leur créativité.

Produire, écrire, éditer, lire. Les enjeux de l’édition au XXIe siècle
Le dimanche 17 mai à 11h | Librairie Ombres blanches
Rencontre avec Emmanuel Laurentin, Chloé Pathé, Christian Thorel, Frantz Olivié
Édition : voilà un mot plastique, qui évoque une technique, mais aussi un monde, celui du livre, avec ses pratiques, ses usages, et ses nombreux·ses acteur·rices, des auteurs·rices aux éditeur·rices, des libraires aux lecteur·rices. Les enjeux ne manquent pas aujourd’hui, comme le montre l’ouvrage de Frantz Olivié et il sera autant question de la recomposition du secteur de l’édition en France que des pratiques de lecture et des usages générationnels des livres.