Famagouste
Saga de Ragnarr aux Braies velues
suivie du Dit des fils de Ragnarr et du Chant de Kráka

- Paru en novembre 2005
- 144 pages
- 12,5x20 cm
- ISBN : 9782914777230
- Prix : 16 €
Traduit de l’islandais ancien et postface par Jean Renaud
Ragnarr : l’archétype du viking. Fils du roi de Danemark, il « était grand et avait fière allure, l’esprit vif, et il était généreux envers ses hommes mais dur envers ses ennemis. » Aventureux jusqu’à l’audace, il écume toutes les mers à la tête de ses navires, épouse la fille du roi de Suède, puis Auslag, la fille secrète de Sigfried et Brünhilde (qui devait plus tard s’appeler Kráka, la Corneille). Mais son élan le pousse à l’attaque de l’Angleterre, dont le roi, Ella, le capture et le fait jeter dans la Fosse aux serpents. Là, en guise d’ultime bravade, il compose en succombant un chant de mort, qui appelle ses fils à la vengeance. De fait, les fils de Ragnarr porteront la ruine chez Ella, avant de périr à leur tour, les uns après les autres, en diverses expéditions.
La Saga de Ragnarr aux Braies velues, de même que le Dit des Fils de Ragnarr, est empreinte d’une atmosphère crépusculaire où plane l’ombre de la mort violente, où les strophes de la poésie scaldique qui émaillent le récit chantent la bravoure, le dépit, la passion et la souffrance de la séparation d’avec les êtres chers.
De quoi enthousiasmer les Romantiques, qui s’enflammèrent pour cette épopée tragique : Chateaubriand, Charles Nodier, Victor Hugo ou plus tard Leconte de Lisle dans ses Poèmes Barbares feront de « Ragnarr Lodbrok » le terrible héros des invasions vikings, remontant la Seine pour piller Paris, ou parvenant aux abords de Rome pour la réduire en cendres.
Mais c’est surtout le Chant de Kráka qui porte en lui les accents les plus palpitants de cette littérature. Kráka, prêtant sa voix à son défunt mari, y déclame en lieu et place de Ragnarr le chant funèbre qu’il compose dans la Fosse aux serpents tandis qu’il agonise. Il met en vers dans cette pièce, considérée comme un chef d’œuvre de la poésie scaldique, ses exploits jusqu’à l’heure de sa mort : chaque strophe commence par le même vers, « Nous avons frappé avec l’épée », et le poème se termine sur une note d’accablement farouche : « tout espoir de vie a disparu / en riant je mourrai. »
La Saga de Ragnarr aux Braies velues a été composée probablement aux XIIe ou XIIIe siècle et rassemble, bien qu’elle appartienne au genre des sagas légendaires, dites aussi « sagas des temps anciens » (fornaldarsögur), un certain nombre d’éléments historiques précieux concernant les expéditions vikings des VIIIe et IXe siècles, dont témoignent (avec l’effroi que l’on sait) les chroniqueurs occidentaux de l’époque.
Jean Renaud, Professeur de langues, littérature et civilisation scandinaves à l’université de Caen, a notamment traduit, parmi d’autres, La saga des Féroïen, et La saga des Orcadiens, chez Aubier-Montaigne.






