Famagouste

Saga de Hrolfr sans Terre

Anonyme

  • Paru en avril 2004
  • 160 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777124
  • Prix : 15 €

Traduite de l’islandais ancien par Régis Boyer

Une de ces « sagas mensongères », comme on les appelait parfois, composée – au xive siècle – pour le simple divertissement. Mobilisant l’ancien fonds de la mythologie nordique, le roman courtois ou la tradition classique, il s’agit d’un roman d’aventures viking situé dans une Russie primitive, peuplé de guerriers fauves (les fameux berserkir) et autres créatures fantastiques. Dans cet univers de fantaisie foisonnant de multiples péripéties, l’auteur s’exprime en virtuose dans un style concis et rapide, teinté d’un humour rare dans ce type de littérature.

Hrolfr est fils d’un roi de Norvège. Gaillard à la stature imposante, il déteste pourtant les combats, et la vue du sang lui fait horreur. Son père, excédé par ce fils indigne, le somme de se retirer à la campagne, mais Hrolfr décide de partir courir le monde pour chercher fortune, et si possible revenir avec une renommée meilleure encore que celle de son père. C’est ainsi qu’après maintes aventures de fjords en fjords, il va aller à l’encontre du roi viking Eirekr. Celui-ci s’est emparé du royaume de Novgorod grâce à l’aide de ses guerriers-fauves, les fameux berserkir, et a tué le roi Hreggvidr, dont l’armure magique, enterrée avec lui, promet à celui qui s’en empare de pouvoir reigner légitimement à Novgorod et d’épouser en justes noces la fille du roi.

Roman d’aventures en pays viking, plein de gnomes maléfiques, d’elfes et de guerriers-magiciens cracheurs de venin, de princesses abandonnées et de batailles sanglantes, la Saga de Hrolfr Sans Terre appartient au groupe des sagas légendaires, ou sagas des temps anciens (les fornaldarsögur). Ces récits fantaisistes sont conçus comme des pièces de divertissement à partir d’une matière légendaire, que l’on faisait remonter aux temps anciens. Celle-ci, rédigée aux alentours du XIVe siècle, est sans aucun doute un fleuron de cette littérature légère, par ailleurs encore très peu traduite en français, puisqu’on lui préfère les « sagas généalogiques », jugées plus représentatives de la civilisation scandinave médiévale. Pour autant, le style, toujours sobre et efficace, de la Saga de Hrolfr sans Terre, en mobilisant tous les registres du merveilleux du monde nordique se révèle une œuvre maîtrisée de bout en bout. Il n’est que de lire la dernière phrase de son auteur, anonyme comme toujours, pour s’en convaincre : « Les histoires et les poèmes anciens sont offerts davantage comme divertissement que comme des vérités éternelles [...]. Je tiens à remercier tous ceux qui ont écouté et apprécier cette histoire et, dans la mesure où ceux qui ne l’ont pas aimée n’en seront jamais satisfaits, laissons ceux-là jouir de leur propre misère. »

Anacharsis