Famagouste
Saga d’Oddr aux Flèches
Suivie de la Saga de Ketill le Saumon et de la Saga de Grímr à la Joue velue
Textes traduits de l’islandais ancien par Régis Boyer
Après avoir fondé sa propre légende dans le Bjarmaland, pays peuplé de sauvages magiciens aux mystérieux rites chamaniques, Oddr bat la campagne de l’Angleterre à l’Irlande, de l’Aquitaine au Groenland, en passant par la Russie et Byzance, poussant jusqu’à Jérusalem.
Tempêtes, batailles, coups de mains, pillages et duels, sont ponctués d’une vendetta jamais assouvie entre Oddr et le maléfique Ögmundr, descendant d’une lignée de trölls, qui causera la mort des êtres chers à Oddr.
Si le merveilleux prédomine ici, c’est par la grâce de la fantaisie sans frein que le narrateur s’autorise dans les voyages d’Oddr au cœur de pays imaginaires – dont le paradigme est sans nul doute le pays des géants où, préfiguration de Gulliver, Oddr, malgré sa taille, aura un fils d’une géante.
Les vannes ouvertes de cette déferlante de mythes, légendes ou contes populaires immémoriaux n’entravent en rien la rigueur de la structure narrative du récit, forgé au XIIIe siècle dans un style voué à l’enchaînement continu de l’action, où l’économie des phrases, et la vigueur des formules travaillent ensemble à une écriture d’une stupéfiante force évocatrice.
Selon toutes apparences, Oddr ne fut par pour autant uniquement une légende, et l’époque viking connut sans doute un personnage homonyme dont on garda longtemps la mémoire.
Les deux sagas proposées en accompagnement de celle-ci présentent de façon bien plus succincte le grand-père (Ketill le Saumon) et le père (Grimr à la Joue velue) d’Oddr, dont on ignore si elles furent composées avant ou après la Saga d’Oddr aux Flèches. On sait par contre pertinemment que là encore ce sont de brillantes sagas légendaires : les aïeux d’Oddr aux Flèches sont avant tout de grands tueurs de monstres…







