Famagouste

Le Cousin de Mahomet

Nicolas Fromaget

  • Paru en septembre 2007
  • 240 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777414
  • Prix : 17 €

Postface de Jacques Domenech

Parisien l’Écolier, jeune adolescent espiègle et revêche à toute autorité, fuit un beau jour les sanctions familiales et délaisse son héritage pour une vie d’aventure. Il quitte Paris et se rend à Constantinople, au cœur de l’Empire turc. Là, tombé en esclavage, ballotté d’un maître à l’autre au gré de pénibles mésaventures, il pénètre dans l’intimité des sérails – qui s’avère n’être pas aussi reposante qu’on pourrait croire... Par la découverte de ces femmes, tour à tour complices, traîtresses ou candides, bourgeoises, grandes dames ou esclaves, Parisien s’initie aux jeux complexes de l’amour.

Un roman initiatique où les femmes tordent le cou aux préjugés

Ce roman picaresque, discret bijou d’une permanente drôlerie que l’on a cru authentique tant la peinture de la société ottomane qu’on nous y donne est réaliste, dépasse de toute sa hauteur les niaiseries libertines et les poncifs orientalistes. Et c’est par la voix des femmes que Fromaget entend railler l’oppression imbécile qui les accable, puisqu’elle pèse en retour et aussi bien sur tous les « honnêtes gens ». Ce faisant, par le prétexte de l’islam – les temps changent –, il tord le coup à tous les sectateurs, de tous ordres et de toutes les époques.

Un parallèle avec l’œuvre de Voltaire : la ruine du fanatisme

Le Cousin de Mahomet rappelle étrangement la structure du conte philosophique Candide ainsi que les propos de la pièce Le Fanatisme ou Mahomet le prophète de Voltaire. L’ouvrage se trouvait dans la superbe bibliothèque du marquis de Paulmy, peut-être Voltaire y aurait-il eu accès et s’en serait-il inspiré ? Devançant ce dernier, Fromaget nous incite sans préjugés et sans pédantisme, à visiter le jardin de nos voisins. Il n’écrit donc pas une fable philosophique, mais une fiction, où les personnages ne sont pas des archétypes mais les acteurs d’une œuvre littéraire seule capable de rendre l’essence de la réalité des êtres. Face à une société rigide, ses héros tentent d’exercer, sans les revendiquer, mais sans jamais non plus les abdiquer, leurs libertés d’esprit et de mœurs.

Anacharsis