Traduit de l’anglais par Estelle Henry-Bossoney
Préface de Thierry Beauchamp
Au beau milieu de la nuit du 14 juillet 1881, à Fort Sumner dans le territoire du Nouveau-Mexique, le jeune William H. Bonney, alias William Henry McCarty, mieux connu sous le sobriquet de Billy the Kid, était révolvérisé par le shérif du comté de Lincoln - Pat Garrett - dans des circonstances troubles.
La fumeuse (fumante ?) vérité... sur le meurtre de Billy the Kid
C’était là un épisode du grand nettoyage entrepris par les autorités, à l’encontre des participants les moins contrôlables de la “Guerre du Comté de Lincoln”, désormais terminée. Ces délinquants, des jeunes hommes tout juste sortis de l’adolescence pour la plupart, s’adonnaient au vol de bétail dans le pays. Venus de tout le Territoire ou du Texas, on les trouvait en nombre sur les routes, en quête de travail ou de mauvais coups. Ainsi on les qualifia de desperados, les “désespérés”. Quoi qu’il en soit, le meurtre de Billy the Kid fit quelque bruit, parce que l’on soupçonna Pat Garrett de ne pas avoir été très fair-play dans cette affaire. Le shérif, offensé par la rumeur, décida d’écrire La Véritable histoire de Billy the Kid, avec l’aide d’un ami écrivaillon, M. A. “Ash” Upson, pour rétablir son honneur. Ce récit de la “vérité toute nue” donna lieu, ni plus ni moins, à une fiction magnifique, un roman populaire, une tragédie appelée à devenir l’un des plus grands mythes de l’Ouest américain.
La véritable histoire de La Véritable Histoire de Billy the Kid
Ainsi naquit la légende de Billy the Kid. Très tôt orphelin, réputé avoir tué autant d’hommes qu’il comptait d’années au moment de sa mort à 21 ans - “sans compter les Indiens et les Mexicains” -, on le disait galant homme envers les dames, secourable aux malheureux, impitoyable face à ses ennemis, ayant la répartie brève mais cinglante, farceur à ses heures. Arthur Rimbaud, Gavroche, et James Dean tout ensemble. C’est donc de la main même de son assassin et “ami” Pat Garrett, relayé par le très imaginatif Upson, que l’on va le suivre dans un monde folklorique de voleurs de bétail, de cowboys armés jusqu’aux dents, de hors-la-loi et de représentants de l’ordre s’affrontant au moyen du fameux colt six-coups de calibre 45, surnommé “Peacemaker”. Mais sous cette mise en scène romanesque affleure bel et bien un univers de chaos, violent et cynique, broyant sans ménagement ceux qui ne parviennent pas assez vite à s’acheter une respectabilité. Billy fut de ceux-là. L’apothéose que lui offre Pat Garrett dans ce roman, une perle de la littérature populaire américaine, pourrait être de l’ordre de l’expiatoire, en réparation posthume des torts causés à une jeunesse massacrée.
Au plus proche du far west








