Famagouste
La Russie des Vikings
Saga d’Yngvarr le Grand Voyageur, suivie du Dit d’Eymundr Hringsson
Textes présentés et traduits de l’islandais ancien par Régis Boyer.
C’est le long des immenses fleuves entre la Baltique, la mer Noire et la Caspienne, que s’établirent ceux que l’on nomme les Varègues, ces Vikings de l’Est partis en quête des honneurs et des richesses que promettait la terre d’Orient. Les deux sagas présentées dans cet ouvrage, fondées sur un phénomène historique bien attesté, sont l’évocation littéraire, fantasmée, de ce monde des confins.
La Saga d’Yngvarr le grand voyageur, du XIIIe siècle, donne ainsi à découvrir les contrés étranges où s’enfonce Yngvarr, à la recherche d’un royaume à bâtir pour son propre usage. Marchant toujours plus vers l’est, lui et ses compagnons se voient confrontés à des géants, cyclopes, dragons et Amazones, gardiens de trésors fantastiques dont on ne peut impunément s’emparer : Yngvarr y laissera la vie, et c’est à son fils que reviendra d’entreprendre à nouveau le voyage afin d’assouvir l’inaltérable soif d’or des Hommes du Nord. Aussi fantastique qu’elle puisse paraître, l’aventure d’Yngvarr a pourtant laissé des traces tangibles tout au long de la Route de l’Est : nombre de pierres runiques encore debout (ici traduites en annexe) attestent la véracité de l’expédition qu’il conduisit.
Le Dit d’Eymundr Hringsson, plus bref et plus tardif (XIVe siècle), relate les expéditions mercenaires de Varègues en Gardariki intervenant dans les affrontements entre princes russes. De facture bien moins fantastique que la Saga d’Ynvarr, le récit des exploits d’Eymundr, chassé de Norvège, exemplifie les entreprises et intrigues bien réelles de fraternités guerrières pour se tailler la part du lion sur les marches orientales des mondes scandinaves.
Car, si différentes qu’elles soient, ces deux sagas évoquent, comme la Toison d’Or, le même puissant mirage, celui des merveilles venues du Levant, l’or, la soie ou les fourrures précieuses, qui poussèrent des milliers de Vikings sur la Route de l’Est, dont ils rapportèrent, sinon la gloire et l’opulence, de délectables récits d’aventures.







