Fictions

La Mort de Tusitala

Nakajima Atsushi

  • Paru en janvier 2011
  • 176 pages
  • 12,5x20 cm
  • ISBN : 9782914777667
  • Prix : 16 €

Traduit du japonais par Véronique Perrin.

Stevenson « lu et écrit par un autre, ou, pour le dire à la manière de Genette, Stevenson lu par nous à travers l’autre auteur, comme s’il était dans notre esprit des lieux éloignés, des moments séparés faits pour ne pas se rencontrer et qu’on nous démontrât le contraire tout à coup… » Véronique Perrin

Après avoir parcouru toute la planète en quête d’une contrée où le climat fût favorable à sa santé toujours plus déclinante, Robert Louis Stevenson dépose finalement ses bagages dans le Pacifique, aux îles Samoa. C’est là, entre les cocotiers, au milieu de ses propres champs, auprès de Fanny sa compagne et parmi les Samoans dont il apprend la langue, qu’il terminera ses jours.

Animé par une joyeuse vitalité puisée dans les plaisirs intenses du défrichement des terres, les lumières des tropiques et l’esprit d’aventure, il épouse bientôt la cause samoane et met toute sa verve à son service. C’est ainsi que Stevenson, écrivain jusqu’au bout, va gagner son ultime titre de gloire, le nom accordé dans ces îles aux maîtres de vérité que sont les « raconteurs d’histoires » : Tusitala.

Le récit tout en subtilité que compose Nakajima Atsushi sur ce canevas est loin de n’être qu’une chronique des derniers jours de Stevenson aux Samoa, pas plus qu’il n’est à lire comme un simple hommage à l’auteur de L’Île au trésor. C’est massivement une fiction pleine et entière ; Atsushi prend l’écriture à bras le corps et, ancrée dans la conviction que la littérature vaut mieux que le réel, déploie un roman lumineux à l’élégance gracile. Hymne à la vie alternant la narration et les pages d’un journal fictif de Stevenson, La Mort de Tusitala révèle ainsi un écrivain agile, sensible et honnête sans être candide, capable de déployer une rêverie abyssale à partir du moindre bruissement d’une branche dans le vent. Du jeu de l’identification entre l’auteur et le narrateur jaillit un trouble qui conduirait à nous convaincre que nous avons ici affaire à un autre Stevenson – comme s’il était le double de lui-même…

Anacharsis