Famagouste

L’AKRITE

L’épopée byzantine de Digénis Akritas

Versions grecque et slave suivies du Chant d’Armouris.
Sous la direction de Paolo Odorico.

La figure de Digénis Akritas, héros ambigu qui combat les forces du Chaos tout en restant attaché à une éthique individualiste, est apparentée, dans tout le Proche-Orient, aux chansons populaires slaves, grecques, bulgares, roumaines ou turques.

L’épopée de Digénis Akritas occupe, pour la civilisation byzantine, un peu la même place que les Mille et Une Nuits pour l’islam classique ou que l’Iliade pour la Grèce antique.
On y assiste aux exploits d’un héros à la stature herculéenne, fils d’un émir arabe de Syrie et d’une noble byzantine, le long du fleuve Euphrate, dont on dit qu’il prend sa source au Paradis.
Digénis – « celui qui est né de deux races » – y affronte fauves, brigands, dragons et amazones, enlève sa belle, qui lui vouera un amour inconditionnel. Au terme d’une vie de luttes et de cavalcades effrénées, il devient L’Akrite, « L’homme de la frontière », à la fois le gardien et le symbole vivant du monde des confins.

Composé en grec sans doute au XIIe siècle, imprégné des souvenirs devenus légendaires des combats multiséculaires entre Byzance et l’Islam, le Digénis, chant de l’honneur guerrier, est aussi un poème de la vie fulgurante aux accents tragiques.

C’est cette dimension à la fois merveilleuse et profondément humaine qui lui valut son succès et qui conduisit, au XIVe siècle, à l’élaboration d’une version slave, inspirée des récits et contes oraux – tel le Chant d’Armouris – qui circulaient d’un bout à l’autre de l’Empire byzantin, du Danube aux confins anatoliens.
La traduction de l’épopée, respectueuse de la rugosité du langage populaire, nous dévoile la saveur d’une Byzance où tempête le souffle de la vie, loin des archétypes qui la veulent figée dans la préciosité.

1re édition 2002
2e édition octobre 2012

  • Paru en octobre 2012
  • 256 pages
  • 12,5 X 20 cm
  • ISBN : 9782914777933
  • Prix : 21 €