Famagouste
L’AKRITE
L’épopée byzantine de Digénis Akritas

- Paru en juin 2002
- 258 pages
- 12,5 X 20 cm cm
- ISBN : 2-914777-00-0
- Prix : 17 €
Versions grecque et slave suivies du Chant d’Armouris. Sous la direction de Paolo Odorico.
La figure de Digénis Akritas, héros ambigu qui combat les forces du Chaos tout en restant attaché à une éthique individualiste, est apparentée, dans tout le Proche-Orient, aux chansons populaires slaves, grecques, bulgares, roumaines ou turques (mais aussi armémiennes ou persannes). On en connaît même des évocations en plein Moyen Âge occidental, jusqu’en Hollande. Considéré par les Grecs comme leur épopée nationale, ce texte dont l’origine reste obscure, même si elle est incontestablement byzantine, a connu des traductions en anglais, en allemand, en italien, en russe, en espagnol, mais il n’existait aucune traduction française de la version présentée ici, la plus populaire par la langue et aussi probablement la plus proche de l’original perdu. Cette édition voudrait restituer au Digénis la place qui lui revient dans la littérature universelle (même s’il s’agit d’une littérature « populaire » issue de traditions orales) et le faire connaître au public français. Dans ce sens, les traductions – proches de la lettre de leur langue originale – ont été valorisées et permettent aux chercheurs ou aux étudiants de trouver matière à leurs études, et à un public motivé de s’ouvrir sur un monde méconnu et une littérature du merveilleux très inhabituelle.
L’épopée de Digénis Akritas occupe, pour la civilisation byzantine, un peu la même place que les Mille et Une Nuits pour l’islam classique ou que l’Iliade pour la Grèce antique.
On y assiste aux exploits d’un héros à la stature herculéenne, fils d’un émir arabe de Syrie et d’une noble byzantine, le long du fleuve Euphrate, dont on dit qu’il prend sa source au Paradis. Digénis – « celui qui est né de deux races » – y affronte fauves, brigands, dragons et amazones, enlève sa belle, qui lui vouera un amour inconditionnel. Au terme d’une vie de luttes et de cavalcades effrénées, il devient L’Akrite, « L’homme de la frontière », à la fois le gardien et le symbole vivant du monde des confins.
Composé en grec sans doute au XIIe siècle, imprégné des souvenirs devenus légendaires des combats multiséculaires entre Byzance et l’Islam, le Digénis, chant de l’honneur guerrier, est aussi un poème aux accents tragiques de la vie fulgurante.
C’est cette dimension à la fois merveilleuse et profondément humaine qui lui valut son succès et qui conduisit, au XIVe siècle, à l’élaboration d’une version slave, inspirée des récits et contes oraux – tel le Chant d’Armouris – qui circulaient d’un bout à l’autre de l’Empire byzantin, du Danube aux confins anatoliens.
La traduction de l’épopée, respectueuse de la rugosité du langage populaire, nous dévoile la saveur d’une Byzance où tempête le souffle de la vie, loin des archétypes qui la veulent figée dans la préciosité.
- Version grecque traduite et présentée par Paolo Odorico, directeur d’études à l’EHESS.
- Version slave traduite et présentée par Jean-Pierre Arrigon, professeur à l’université d’Arras.
- Traduction et présentation du Chant d’Armouris par Homère-Alexandre Théologitis, chercheur à l’EHESS.




