Famagouste

Chaka, roi des Zoulous

Henry Francis Fynn

  • Paru en septembre 2004
  • 320 pages
  • 14,5x21,5 cm
  • ISBN : 9782914777100
  • Prix : 22 €

Traduit de l’anglais par Estelle Henry-Bossonney, présentation de François-Xavier Fauvelle-Aymar, postface d’Alain Ricard

En ce début de XIXe se joue dans cette pointe septentrionale de l’Afrique une drôle de pièce. Ici, se mélangent les ultimes soubresauts de l’époque moderne, les derniers avatars des guerres Napoléoniennes et les débuts de ce qui occupera les nations européennes pendant plus d’un siècle, la colonisation de l’Afrique. C’est là, au milieu des colons néerlandais, souvent anciens huguenots, qu’on appelle les Boers, des Anglais fraîchement débarqués après l’annexion du Cap par la couronne britannique en 1795 et des comptoirs portugais livrés à eux-mêmes que débarque en 1818, venu d’Angleterre, le jeune Henry Francis Fynn.

Il est, comme tous ses compagnons de voyage, à la recherche des Pérous, des Eldorados, des espoirs de fortunes qu’ont toujours promis les confins du monde. Mais à la différence de nombre d’entre eux, qui croisent l’autre sans le voir et qui le conçoivent au mieux comme un moyen, au pire comme un obstacle à la richesse, Fynn s’interroge suffisamment sur les hommes qu’il rencontre pour que petit à petit un changement de plan s’effectue, le moyen devient l’objet. Cette modification s’opère étrangement. Dès ses premiers contacts avec les tribus côtières, Fynn fait preuve d’une remarquable précision dans ses observations et d’un intérêt pour les modes de vie, la musique, l’organisation sociale. La région qu’il parcourt est agitée par de violents conflits, tous sont associés aux Zoulous et à leurs chef Chaka. Ce nom provoque l’effroi, Fynn le compare à un talisman, une puissance tutélaire, dont la seule évocation lui sauve la vie une fois au moins. Après un voyage de plusieurs mois il finit par le rencontrer. Le faste de la cour, l’organisation de l’armée, tout fascine l’explorateur qui vit dix ans auprès de lui, apprenant sa langue, décrivant l’agriculture, les structures politiques. Auprès de ce chef souvent cruel mais grand politique, il voit se constituer peu à peu la grande nation zouloue qui continuera à se développer après son assassinat jusqu’à menacer très dangereusement l’autre nation en gestation que deviendra la République d’Afrique du Sud.

Fynn n’est pas un anticolonialiste et malgré son intérêt pour le peuple Zoulou, il reste un explorateur au service de la couronne qui sait que les informations qu’il rapporte seront utiles à une implantation anglaise qu’il prédit bénéfique, tant la région offre d’avantages. Mais il espérait, peut-être, qu’elle ne se fasse pas autant au détriment des africains.

Ce journal, publié en 1860, soit vingt-sept ans après que Fynn ait quitté l’Afrique a eu de multiples rééditions. La dernière date de 1957. En voici la première traduction française. À l’heure où un important débat s’est ouvert sur la question des réparations suite aux dommages engendrés par la colonisation en Afrique, il nous semble important de produire des témoignages d’avant les pénétrations européennes qui attestent du degré de civilisation des « nations » africaines tant d’un point de vue des techniques que politique.

Anacharsis